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Un regard vers l’arrière…

Nous sommes en Guadeloupe dans la Basse-Terre pour une vacances de repos afin de se retrouver seul et ensemble !  En toute simplicité, avec ce qu’il y a de plus élémentaire comme besoins essentiels.

 

Dans notre périple, qui est censé en être un de repos et de ressourcement, nous entamons quelques randonnées en montagne, afin d’apprécier cette luxuriante végétation qui se trouve à des centaines de mètres d’altitude, baignant continuellement dans une bruine qui fait briller les fleurs, les plantes et les arbres.  Évidemment, notre personnalité nous amène à explorer ce merveilleux pays qu’est la Guadeloupe, ces montagnes, ces plages, ce peuple si accueillant et surtout cette facilité d’aborder la vie.

 

À travers notre exploration, par un doux matin et un ciel mouvementé, une vigueur inconnue nous réclame de se diriger vers une plage sur laquelle des souvenirs indélébiles sont incrustés dans le sable. À la fin du mois de novembre 2008, suite au suicide de notre fille Andréane, un groupe d’amis et de parents du club de ski de compétition du mont Olympia avait eu la généreuse idée de se regrouper et de nous donner un cadeau afin que l’on puisse partir se reposer et, dans la limite du possible, mettre un baume sur cette souffrance qui était insupportable à ce moment. Isabel, Julien et moi sommes donc partis en Guadeloupe au club Med la Caravelle pour une semaine.  Encore aujourd’hui nous leur en sommes des plus reconnaissants, ce fut un geste d’une grande délicatesse, je m’en souviendrai toujours.

 

Nous sommes donc à Ste-Anne, tout près de la plage Caravelle.  On décide de marcher vers le club Med sans dire un mot, avec nos pensées et nos souvenirs, on ne se parle pas, on avance d’un pas déterminé, en contemplant la nature, ces gens éparpillés ici et là et avec un but bien précis, celui de retourner en arrière…  On s’approche du fameux quai qui se présente devant nous, celui qui n’est pas accessible au public, seulement au membre du club, celui qui nous rappel des souvenirs, celui qui nous avait fait du bien, celui qui nous avait torturé, celui qui nous avait connecté comme jamais.

 

En 2008 lors ce voyage, nous avions apporté des cendres d’Andréane, afin dans disperser dans l’océan et d’avoir son empreinte, dans la mer et le sable.  Le 5 décembre 2008, date d’anniversaire d’Andréane, nous nous sommes dirigés au bout de ce quai, assis nous trois, nous sommes restés immobiles en regardant la mer, durant de longues minutes, à contempler cette immensité qui n’a plus de fin.  Ce fut un moment d’émotions que ma mémoire a décidé d’effacer...

 

Isabel et moi on est donc rendu à ce quai, sans aucun mot, alors qu’une émotion tellement intense montre en moi, Isabel monte sur le quai qui est réservé aux membres, moi je reste assis, tout près à regarder tout autour. D’un seul coup je suis complètement déstabilisé, j’ai cette impression de retourner quinze ans en arrière. Je ne suis plus capable de me retenir… J’ai l’impression de reprendre contact avec Andréane. Un sentiment partagé, ça fait mal et du même coup je voudrais rester à cet endroit, ne plus jamais quitter cet endroit !  Je n’ai jamais vécu une émotion semblable.

 

Isabel est encore assise sur le quai, elle vit ce moment à sa façon, on se respecte sans se dire un seul mot, jusqu’au moment où il faut quitter. D’un pas nonchalant on marche dans le sable avec cette impression de laisser derrière nous ce difficile souvenir, mais qui est aussi apaisant. À ce moment, je revois défiler soudainement une partie de ma vie, le chemin parcouru depuis 2008, ce parcours qui a été rempli d’embûches, mais qui en finalité nous a permis de comprendre, de cheminer et de voir la vie sous un autre angle, entre autres, celle de la chance qu’on a d’avoir la santé et de pouvoir profiter de la vie à notre façon.  

 

J’en tire une très grande conclusion de ce moment que je vous partage.  La vie place devant nous des épreuves qui nous déstabilisent, qui nous font réaliser à quel point nous sommes fragiles.  Mais ce que ce moment m’a appris encore une fois, C’EST QU’IL FAUT REGARDER EN AVANT, SE RETOURNER UN MOMENT POUR CONSTATER TOUT LE CHEMIN QUE NOUS AVONS PARCOURU OK, MAIS POUR UN COUR INSTANT, CAR ON SE DOIT DE CONTINUER ET DE NE PAS ABANDONNER, IL Y A ENCORE BEAUCOUP D’ESPOIR ET PLEIN DE BELLES CHOSES.

 

Et je termine là-dessus.

Choisir la RÉSILIENCE, c’est choisir l’ESPOIR d’être bien!




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