Ce fameux 10 septembre



À chaque année en cette période du début de septembre, où l’été nous quitte tout doucement et que le soleil brille encore de ses chauds rayons durant le jour même s’il se couche un peut plus tôt comme une jeune fille qui débute les classes, je suis quelque peu perturbé. J’ai cette image du soir où il fait nuit vers 19 h, cette image où ma vie a basculé.

Vous aurez compris que j’ai de la difficulté avec le début du mois de septembre. En septembre 2009 je n’étais même pas capable de sortir à l’extérieur le soir, comme un gamin qui a peur de descendre au sous-sol d’une maison, vous avez peut-être déjà vécu ça. Moi je l’ai vécu en septembre 2009 et 2010, aujourd’hui c’est complètement différent, je suis capable de sortir dehors au même endroit où j’étais le 10 septembre 2008, à la même heure vers 19 h et maintenant, je regarde autour de moi et il y a la nature, mon jardin fleuri (et je vous jure qu’il y en a des fleurs !) et le même paysage, mais 8 ans plus tard alors que rien n’a vraiment changé.

En 2009 jamais je n’aurais cru que je serais capable un jour de parler de ce moment avec une si grande conscience. J’ai cheminé, beaucoup beaucoup, mais j’ai surtout appris à vivre différemment. En 2008 j’étais celui qui avait 56 000 projets en même temps, travail, université, enfants, conjointe et amis avec une vie sociale très présente. Par contre, le sport n’était pas très présent… je n’avais pas le temps ! Aujourd’hui c’est différent, le sport fait partie intégrante de ma vie, mais ce n’est pas tout. J’ai une vie sociale, un travail, j’ai un merveilleux garçon qui me fait vivre une panoplie d’émotions, une merveilleuse conjointe qui m’endure, qui m’écoute bougonner et surtout, qui me laisse partir à vélo parce qu’elle le sait, c’est un besoin pour moi et même une nécessité.

J’essaie au travers cela d’atteindre un équilibre de vie qui me permettra de vivre heureux et en santé et c’est ce que je trouve encore le plus difficile, souvent j’ai cette envie de tout foutre en l’air et partir parce que la vie c’est quoi en fin de compte ? Travailler, payer, suivre ce petit rythme de cette société qui souvent a tendance à oublier les choses fondamentales de la vie, l’amour, la joie, le bonheur et le plaisir. Mais vous savez, je réussis malgré tout à trouver ma place dans le plaisir, le bonheur, l’amour et la joie avec les gens autour de moi. J’ai appris surtout en m’entourer de gens positifs, qui respire la vie, le bonheur et la joie.

Je ne nommerai pas personne par malchance d’en oublier, mais vous tous avec qui j’ai partagé une ride de vélo, un entrainement avec une certaine intensité! Une discussion passionnée devant un verre de vin ou un café, émotif ou tout simplement anodin, un câlin chaleureux, ou même un échange sur FB, vous avez contribué à mon bonheur et possiblement au bonheur de bien des gens, car vous êtes des gens qui aimez la vie, souriants et positifs… vous m’avez aidé.

Je suis à l’aube d’entreprendre un projet qui me tient à cœur, celui de voir des jeunes qui auront la chance de vivre cette passion de la vie, d’être en santé, de bouger et de prendre conscience de l’importance d’un équilibre de vie, celui que j’ai appris suite au terrible évènement du suicide de ma fille Andréane Miron, mais eux ils vont le vivre avec un parcours différent beaucoup plus facile, mais tout aussi heureux en finalité.

Et surtout j’ai cette chance d’être en santé et de vivre de merveilleux moments.

À oui, quand je sors dehors à 19 h un 10 septembre, j’allume une chandelle et je la regarde bruler jusqu'à ce quelle s’éteigne et même si elle s’éteint je sais qu’elle est toujours là avec moi, avec Isabel, avec Julien avec vous tous qui l’avez côtoyée un jour ou l’autre, Andréane est notre étoile qui prend soin de nous tous.

Et j'oubliais, le 10 septembre c'est aussi la journée mondiale de la prévention du suicide !

Je t’aime xx Ti minou

Ton papa Sylvain


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